ELAN HISTORYZ-ALL

Il y a 20 ans : Direction Varsovie pour nos supporters

22.04.2021 - 17 h 18

Il est cinq heures en ce mardi 17 avril 2001. Chalon s’éveille à peine. Mais déjà du côté du Colisée qui poursuit son éclosion (il ouvrira en septembre), ils sont 300 supporters de l’Elan, habillés de rouge et de blanc, arborant drapeaux et brandissant calicots, qui se préparent à vivre une journée d’exception. Celle de la finale d’une coupe européenne de basket, la Coupe Saporta que le club de Dominique Juillot aborde pour la seconde fois, après seulement cinq saisons parmi l’élite. Ce face à l’ogre grec : le Maroussi d’Athènes

Extraordinaire exploit si l’on sait que c’était le quatrième club français à parvenir en finale de C2, Limoges étant le seul à l’avoir remportée en 88. On mesure ainsi quelle marche pouvait gravir le club des bords de Saône vers une reconnaissance dans le gotha européen.

Direction Varsovie pour la dizaine de bus dans lesquels ont pris place des sponsors, des supporters bien sûr mais aussi quelque 200 licenciés de l’Association. Aux anges.

Le voyage avait été dans un premier temps programmé en train mais c’est finalement en charter que la délégation chalonnaise allait se rendre en Pologne. Après toutefois des inquiétudes avec une longue attente dans l’aérogare de Satolas avant de pouvoir monter dans le Boeing 747. Cela n ‘a fait au contraire qu’ajouter à l’euphorie ambiante.

Vol sans histoire direction les pays de l’est. Jusqu’à cette fameuse douane zone à l’arrivée où l’accueil ne fut pas des plus chaleureux. Contrôles multiples, vérifications interminables et immodérées, la délégation n’en croyait pas ses yeux. Il est vrai que personne n’était habitué à l’encadrement strict des déplacements de supporters en coupe d’Europe. L’armée pour nous contenir, c’était une première. Dont se souviendront plus particulièrement, trois d’entre nous, un dirigeant, un ancien joueur et une jeune licenciée, priés de rester à l’aéroport pour le reste de la journée.

Tout cela engendra beaucoup de retard et priva les Chalonnais d’un après-midi de visite de la ville de Varsovie et de ses remparts dont on connaît l’histoire.

Pas question pour autant de ne pas faire vibrer une salle immense où une centaine de supporters grecs virulents répondait aux encouragements de nos troupes. Et Dieu sait s’il en fallut ! Le Maroussi fort de quelques fortes individualités tel Vasco Evtimov se présentait comme épouvantail mais suite aux performances de l’ Elan qui après avoir bouté Porto (à Porto en huitièmes de finale) puis Wloclawek (en quarts), avait défrayé la chronique en sortant le grand Pamesa Valence, d’abord en s’imposant à San Luis (72/69) et récidivant à la Maison des sports (66/63) au terme d’une folle soirée, l’espoir était permis. Celui d’inscrire son nom au gotha du basket européen.

A chalon aussi on était en communion, de nombreux supporters du club s’étant donné rendez-vous à la Maison des sports pour vivre le match sur grand écran. Avec la même ferveur.

Hélas cent fois hélas les hommes de Philippe Hervé ne parvinrent pas à renverser les Grecs. Et pourtant il y avait place pour un exploit. Peut-être a-t-il manqué de l’expérience à ce groupe, une certaine maîtrise de l’événement.

Avec un débours de 12 points après une demi heure de jeu, Oliver, Amaya et Evtimov étaient passés par là , la cause avait semblé entendue. Mais c’était sans compter sur un dernier quart temps de feu des coéquipiers des Chalonnais qui, par André Owens égalisaient (72/72) à 12 secondes de la sonnerie. Sans doute Stanley Jackson et ses partenaires auraient-ils pu prétendre se donner plus d’air sans quelques balles perdues ou rebonds trop facilement lâchés, et,

 pourquoi le nier, sans quelques coups de sifflet douteux. Et pour finir une remontée de balle mal négociée qui sonna le glas.

Énorme déception en vérité, des joueurs bien sûr, du staff mais aussi de tous ceux qui ont cru en l’Elan en ce 17 avril 2001.

Le comportement des supporters grecs avinés et  arrogants que nous avons croisés avant de remonter dans l’avion du retour, ajoutaient encore à  l’amertume de cet échec  « au pied de l’Olympe » comme l’a titré Basket News.

Dans les airs, l’ambiance était au désenchantement. Dans les bus, la fatigue accumulée prenait le pas. Et 24 heures après qu’ils soient partis 300, joyeux et enthousiastes, alors que Chalon s’éveillait à peine, ils revinrent 300, le cœur encore à Varsovie où l’Elan était passé près d’un authentique exploit.

Il y a eu 20 ans…

 

J.Etais

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